-Ma vie ne te regarde pas ! Moi aussi je veux venger mon père ! Mais je veux que tu me dises exactement quel est l'itinéraire que nous allons suivre ! Je ne souhaite pas aller dans des endroits dangereux ! Saches qu'une princesse court bien plus de dangers qu'une personne normale... Surtout une princesse qui doit devenir reine !! De plus, une heure ne suffit as à reprendre des forces et tu le sais aussi bien que moi. Nous risquons bien plus si nous ne pouvons pas nous défendre ! Le fait d'avoir un jour de retard me semble être un risque acceptable... Terminais-je, sûre de ce que j'avançais. Mais Allyah, qui avait attendu que j'aie fini ma tirade en bouillonnant, éclata tout d'un coup :
-Ah non, ta vie ne me regarde pas ?! Mais écoutez-là... C'est quand-même à cause de toi si je dois fuir... Et si tu ne désires pas aller dans des endroits dangereux, personne ne t'oblige à me suivre... Une princesse court donc plus de dangers qu'une personne normale ? Peut-être, mais alors ce n'est pas de mon ressort il faut croire... Et juste pour ta gouverne, tu sauras que je suis aussi en danger que toi vu que ma mise à mort a été prononcée... Je te rappellerai aussi que si je suis sous la menace de mise à mort, c'est parce que je souhaitais t'avertir du complot qui pesait sur ton père... Mais tu n'as pas l'air de t'en rendre compte. Alors c'est vrai ce que tout le monde dit ? Lorsqu'on est de la monarchie, il n'y a que sa propre petite personne qui compte et le reste... Rien !... ? Je rajouterai encore que si nous ne prenons qu'une heure de repos et un jour d'avance cette fois, demain nous totaliserons deux jours d'avances et nous aurons plus de repos...
Après cette longue tirade, Allyah reprit son souffle et essaya e contenir les larmes de rage qui perlaient dans ses yeux.
-C'est toi qui ne te rends pas compte... Dis-je doucement. Toi, tu as beau être une fugitive, ton visage est inconnu dans la région. Moi, tout le pays sait à quoi je ressemble. Mais bon... Tu as raison je crois... Je ne m'occupe que de ma petite personne et je ne suis pas obligée de rester avec vous ! Au revoir !
J'avais exposé tout ce que j'avais sur le c½ur. Sur ce, je sortis et remontais sur mon cheval que je lançais au galop vers le sud (du moins, pensais-je que c'était le sud). Je savais pertinemment que je regretterais mon geste, mais je ne me retournais pas, même si j'étais moins sûre que j'en avais l'air.
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Je regardais partir Zarra et au fond de moi, un mauvais pressentiment restait ancré. Raphaël, qui n'avait pu placer mot, avait un air horrifié :
-Elle va droit dans la direction qu'il ne faut pas prendre !! Dit-il. Il faut la rattraper !!
-Non... Elle peut se sortir de là toute seule... Lui répondis-je, boudeuse. Si je suis si peu importante et dépourvue d'utilité, elle n'a pas besoin de moi.
-Il n'est pas question que la princesse courre un grave danger à cause de vos gamineries ! Lança Raphaël, qui semblait extrêmement stressé.
-Parce que toi aussi tu ne penses qu'à elle ?! Mais alors cours ! Galope ! Va la retrouver ! Je suis sûre qu'elle t'attend un peu plus loin... Je ne me laisserai pas insulter et diminuer !
-Je ne le crois pas... Mais quelle gamine tout-de-même ! Ecoute... Se reprit Raphaël. Nous devons la retrouver. Je ne peux pas encore te dire pourquoi, mais elle ne doit surtout pas se faire tuer.
Pendant qu'il parlait, il avait saisit une main d'Allyah dans les siennes. Il y eût un court instant où le temps sembla s'arrêter. Les deux jeunes gens se regardèrent dans les yeux. Malheureusement, la magie de cet instant fut rompu par Raphaël qui se détourna brusquement. Il avait rougi, ce qui lui allait fort bien.
-Bon, euuuhhh... Bafouilla-t-il. On y va ?!
Me rappelant de ce que nous devions faire, je détachais mon cheval et me mis prestement en selle. Ce regard... Il était tellement troublant... Je me demandais un peu naïvement pourquoi il avait rougi.
Raphaël mit le pied à l'étrier et commença à réfléchir. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Cette fille était si différente de celles qu'il connaissait. Cela l'énervait de ne pas réussir à s'expliquer exactement quels sentiments le traversaient. Mais bien vite, ses pensées se tournèrent à nouveau vers la fugue de Zarra et il n'eût plus le temps de penser à son c½ur...
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Je commençais déjà à être fatiguée. Un mauvais pressentiment n'arrêtait pas de me poursuivre depuis mon départ et celui-ci s'était accentué, il y a quelques minutes de cela déjà. Mais je ne l'écoutais pas. J'avais décidé de partir, je continuerais donc ma route. Je ne ferais pas plaisir à mes deux anciens compagnons en rebroussant chemin, comme une froussarde. La forêt était silencieuse. Je m'arrêtais près d'une source et décidais de me reposer n instant. Je me penchais pour boire de l'eau, quand tout-à-coup, un craquement sonore me fit sursauter. Je me levais brusquement et me retournais. Face à moi se trouvaient six gardes de la reine, qui souriaient d'un air triomphal. Sans dire mot, les deux premiers se saisirent de moi et tentèrent de m'entraîner vers leurs chevaux. Je me débattis et me mis à hurler, malgré que je sache que personne ne m'entendrait. Malgré mes efforts, ils ne me lâchèrent pas et ne semblèrent pas éprouver de difficulté à me maintenir entre eux. Mon cas semblait être couru d'avance. Je n'avais aucune chance de m'en sortir...
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